Guy MARTIN

 

Guy Martin a écrit
11 romans + 1 Recueil de Poésie + Fables

“Les vieux, nos vieux !”

Les vieux
Nos vieux, on les croise souvent sans les voir car dans nos yeux ils ont toujours été ainsi, vieux. Ils passent, le dos vouté, une main accrochée à leur canne, leur compagnon de misère, pour ne pas la perdre et le regard caché derrière des lunettes rondes qui leur donnent cet air perdu et toujours étonné.
A petits pas hésitants, ils avancent en trainant, derrière eux, le poids des ans, comme un bagnard traine son boulet, sans une plainte, sans une larme, sans un soupir.
Souvent ils s’arrêtent pour reprendre leur souffle en maudissant le temps de leur avoir volé leur jeunesse et en contemplant le spectacle de la vie qui passe devant eux en recherchant toujours un visage connu d’un ami, d’une amie enfin d’un vieux qui leur ressemble pour s’y reposer un instant.
            Puis ils repartent de plus belle, le coeur amer et gonflé d’espoir, sans jamais se retourner, car les vieux qui se promènent ne se retournent jamais, ils ont trop peur qu’on leur vole leur passé qui les hantent chaque nuit. Quand ils ont le bonheur d’être encore à deux, main dans la main, au soir de leur crépuscule, le long des berges fleuries, ils ressemblent à n’importe quel couple d’amoureux que de belles promesses ont uni pour l’éternité et dont les premiers rêves illuminent toujours chaque jour naissant d’un amour brûlant. Ils s’assoient alors sur le banc de leurs premiers serments d’amour en contemplant le fleuve de leur vie qui s’écoulent lentement au rythme des saisons.

             Si d’aventure on croisait, à cet instant, leur regard lointain qui plane au-dessus de leur mémoire fatiguée, on y verrait le film de leur vie qui passe et repasse sans cesse, sans bruit, sans ombre, on y lirait aussi un beau roman d’amour écrit au fil du temps, de ce temps qui les presse en leur donnant toujours tant de bonheur.

Au bout du chemin, là-bas, où ce fleuve prend sa source, il y a un grand champ de joie et de paix qu’ils regardent ensemble avec patience et sérénité .

        Ils sont là, tout simplement, heureux et comblés par la vie qu’ils ont donnée un jour d’amour oublié et qui les sublime à travers les yeux des plus jeunes qui les aiment, des moins vieux qui les chérissent, enfin de tous ceux qui se souviennent.

Car on leur doit bien cela, à nos vieux, le souvenir, puisque c’est ainsi qu’on les garde en vie dans nos cœurs.

 

Adresse de mon site : guymartin.fr
                       
Contact : gm0650@aol.com

 

Guy Martin a exercé comme médecin jusqu’en 2013.

Premier roman, les Blés en Avril, en 1998. Le lecteur attentif retrouvera dans chacun de ses romans un discret mélange de réalisme et de fantastique, agrémenté d’évocations autobiographiques.

               Ses romans sont, outre un hymne à la vie, un plaidoyer pour un bonheur simple et pourquoi pas éternel. Dans ce monde, les valeurs qu’il défend pourraient se résumer à cette phrase que l’on retrouve gravée sur le fronton de la demeure d'Antoine de Kerdandec : « War an daoulin, biken ! Kentoc’h marv, Breizhad da viken » (À genoux jamais, mort ou Breton toujours).

Un style simple, des intrigues empruntées au quotidien, des personnages hauts en couleurs, un zeste d’extraordinaire. Tels sont les ingrédients avec lesquels Guy Martin nous propose, à travers ses livres, des moments d’évasion et de réflexion en captant notre attention jusqu’au dénouement final.